lundi 6 décembre 2010

Birthmark - Shaking Hands


Qu'on se le dise : Le mouvement émo des années 90 est parmi ce qu'il y a eu de plus excitant en musique.
Une poignée de jeunes souhaitant s'éloigner du mouvement punk "sale" formaient des groupes à tour de bras avec un engagement et une sensibilité autre, l'état d’esprit était rageur et productif, et même si le terme reste détestable, ils étaient quand même vachement "anti-fric".
Ian McCay, devenait l'initiateur du mouvement, lançait toute une génération (bien qu'il continue de nier aujourd'hui être le pionnier du terme émo).
S'en suivirent alors toute une troupe de groupes portant fièrement les nouvelles couleurs du drapeau "émo".

Cap'n'jazz fait parti de ces groupes touches à tout, ne cessant jamais de monter des projets pour se renouveler (bien que des fois, le changement de line up justifiant des mésententes profondes entres musiciens, c'est ça aussi, être émo écorché).

Donc après avoir splitté pour renaître de ses cendres avec Joan Of Arc, sorte de même chose que Cap mais en plus moderne (mouais c'est ça) en intégrant un des autres frères Kinsella : Nate.

Et donc ce monsieur qui a raté un des meilleur groupe émo (parce que Cap N Jazz quand même, c'était vraiment bien), se la joue chanteur solo émouvant et folk.

Folk chaude et réconfortante
Folk ambiance détendue et soucieuse du détail
Folk des années 2000, décomplexée et empathique
Folk tendre et raffinée
Mais folk qui donne aussi envie de taper dans ses mains et faire les indiens
Folk, mais pas trop, car l'émo kid sais aussi jongler avec des rythmiques profondes et oniriques, un chant tantôt suave, tantôt émouvant et délicat.

Mais avec un CV comme celui de Nate, est il seulement utile de faire un papier lèche cul?
Non, et non aussi parce qu'il n'a pas non plus pondu le disque de l'année, que certains titres sont carrément chiants, voir répétitifs, mais qu'importe, être émo, c'est pas sortir un disque parfait, mais juste "de le faire".





The Feelies - Crazy Rythms

À l’heure où l’élite politique française la plus détestable se lance dans la course au trône suprême,
Au moment où tout espoir de revoir le meilleur groupe bordelais au monde sur scène est tari,
En pleine explosion des petits secrets d’état dévoilés et des dandy-geeks arrêtés pour viol,
Et à seulement 2 ans du jugement dernier dans lequel nous allons tous mourir (sauf ou une deux personnes avec un grand nez), tout est sans espoir, il n’y a plus de jours heureux, tout est gris, triste, et froid.

C’était mieux avant…

Fin des années 70, le New Jersey donnait naissance à un groupe de new wave composé de quatre boudins aux têtes déprimantes.
Ils s’habillent mal, ne savent pas se coiffer, posent de façon outrageuse pour les photos, et surtout, avec les effets visuels de l’époque, foutent les trashes avec leur air idiot.

Mais il n’est pas nécessaire d’être beau pour être bon, et c’est grâce à cette dégaine de geek avant gardiste qu’on peut tout simplement les surnommer les Jean Paul Sartre de la new wave punk avec une touche de cold wave et des solos surf (faut dire, le titre n’était pas si convoité à l’époque).
Immonde génie…

Et leur premier album, criant de maturité, respire la joie de vivre, et le poste de chanteur aurait pu être occupé par Ian Curtis s’il n’avait pas passé tout son temps à déprimer et à se rouler par terre en crise épileptique (ou à jouer à la corde dans sa cuisine).
Alors un peu en décalage de la culture cold (même si ce n’en est pas, alors pourquoi cette comparaison ?), cette galette fleure bon la spontanéité, les rythmes joyeux youkaïdi youkaïda, les chants who ho hooooo, et les clappements de mains, avec le talent et la simplicité :
Le tube « loveless love » (sublimé récemment dans la série la plus mal doublée Carlos) possède le plus beau solo chromatique, note à note, dans la gamme, et rien de plus ! Et c’est suffisant, et on en redemande, pouvant l’écouter 30 fois par jour.

Sans complexe, « Crazy Rythms » porte bien son nom : Les morceaux prennent leur temps (longues intro silencieuses), batterie rock & roll comme il faut, des changements de tempos qui évoluent dans le morceau, et un amateurisme tout assumé qui donne lieu à du grand art.




>

dimanche 21 novembre 2010

Anika - Anika




Geoff Barrow ne doit enfin plus vivre des rentes de Portishead :
Deux albums en 2009 avec ses copains kraut de beak (à comprendre : ses copains qui font du kraut, DANS le groupe Beak), et maintenant producteuro - mécène et indubitablement « compositeur » de sa nouvelle protégée : Anika.

Anika est une très jolie journaliste politique berlinoise qui n'a pas dû chanter toute sa vie mais qui serait devenue très proche de Geoff grâce à un ami commun et qui en plus partage les mêmes passions (en même temps, allez trouver un con qui n’a jamais aimé Portishead).

C'est tellement bien les rencontres.


L'album intelligemment intitulé "Anika" (il n'y en a que pour elle) est composé de petits ovnis sortis de nul part qui au moins se payent le luxe de couper court avec tout ce qui se fait en ce moment :
Cette mixture, un poil inaccessible à la première écoute, nous plonge loin dans le passé pour jongler entre 70's sous psychotropes (tu vois le genre New York Downtown quoi), kraut quand même, dubstep version Lee Perry (haha, oui! Et en plus c’est du Bob Dylan), le tout avec la voix très (trop) "Nico" d'Anika (genre New york époque Downtown, avec des artistes pop art qui produisent des musiciens sous héroïne, tu vois), sans oublier bien sur ce qui fait toute la touche de Barrow : des reprises!

Le tout dans une atmosphère et un son très particulier qui nous plonge dans une atmosphère très particulière grâce à son son (hein ?).
La reverb paraît étouffée, le beats sont synthétiques au possible, la basse est « full medium » et s’éloigne véritablement des sonorités qui ont fait le succès du trip hop.

L’album n’est pas surchargé de pistes et laisse s’envoler des morceaux froid et touchants, qui décollent sans aller trop haut (sinon ça ferait moins cold), un peu comme une voiture de sport poussée en troisième, et qui attend de passer la quatrième, mais qui prend son temps, monte dans les tours, et finalement Barrow passe la troisième et demi.
Oui, Barrow sait faire ça.
C’est bizarre, mais c’est ça Anika, un « entre deux monde » improbable (parce que la boite de vitesse exploserai entre deux pignons, tout le monde sait ça).

Alors même si l’album a été plié en une semaine, même si Anika n’est visiblement pas la meilleur chanteuse au monde, que c’est très critiqué (par les frustrés), l’album reste LA grande vague de froid idéale pour finir l’année en beauté.


Les tubes : I go to sleep, Officer Officer, No one’s there, Yang Yang.



jeudi 18 novembre 2010

Sebadoh - III




Epoque bénie des dieux, les années 90 représentent toute notre histoire (sauf pour les vieux cons, ou les jeunes imbéciles nées après 1983).
A cette époque on avait pas grand chose, notre grande copine Laurence Romance illustrait à merveille nos premiers pas dans l’univers de la musique, nos premières expériences solitaires, des découvertes qui allaient marquer un tournant dans l’histoire.
Stéphane Saunier importait en France le meilleur de la musique outre Atlantique avec ses « Live » très privé sur l’émission de Philippe Gildas…

Haaaaaa quelle belle époque! Internet n’était pas là, l’argent de poche ne permettait pas d’acheter toutes les revues du genre, les disques, les posters de Metallica (ils étaient encore dans le coup à l’époque !), et se tripotait à multiples reprises sur les standards de toute une génération, parce qu’il faut bien l’admettre : ON AVAIT PAS GRAND CHOSE !

Et cette carence financière ne nous permettait un accès complet à de petites merveilles comme Sebadoh (passé justement chez Saunier en nonante et des brouettes), avec ses albums jouissif, entre son alternatif de l’époque (comme on l’appelait hein), ou ballades folk prenantes.
Complètement à l’aise dans son époque, au milieu du mouvement « Lo-Fi » (que c’était bon de dire LO-FI), et bien avant qu’on invente tout un tas de tintouin et nom à rallonge pour désigner un style musicale.

Et Sebadoh à fait son chemin à travers les années pendant que d’autres se tiraient une balle dans la tête ou tout simplement devenaient CHIANT…




lundi 8 novembre 2010

Dark Dark Dark – Wild Go




C’est bien la moche, on a vachement progressé depuis le dernier album ! C’est toujours pas le disque du siècle, mais on ne t’en demande pas tant, « si t’es pas jolie, tache au moins d’avoir la mélodie ».

Les non canadiens de Dark Dark Dark ressortent un nouvel album (mais vu le succès connu en France, est ce vraiment utile de le préciser ?), et ce qui est marrant c’est qu’ils semblent avoir évolué.
- Déjà ?
- Oui.

Alors même si l’album ressemble parfois à une B.O de Tim Burton, ce n’est pas grave, la chanteuse à lunettes pourrait très bien tenir l’affiche du plus sombre film du génie.

Ensuite, la formule reste la même que le précédent : des ballades au piano, mais aussi des chansons un peu plus intelligentes que des ballades au piano (merci, en plus grand nombre cette fois ci), des chansons moins bien mais au piano (comme des ballades), des chansons un peu ballades folklorique et onirique (genre Tim Burton), et puis surtout des tubes, comme Daydreaming qui tournait en boucle depuis des mois quand le groupe décida de lâcher le morceau en téléchargement gratuit.

Donc rien de neuf, toujours aussi canadien, toujours aussi « dans l’air du temps », mais idéal le dimanche matin auprès des oranges pressées.




mercredi 27 octobre 2010

Les Savy Fav - Root For Ruin



"Un film de karaté, c'est comme un film porno, c'est toujours la même chose mais on ne s’en lasse jamais" disait un grand animateur de l'âge d'or de canal plus (époque âge d'or hein).
Cette comparaison scandaleuse du cinéma creux et sans scénario face au 7ième art dans toute sa splendeur met en évidence le caractère répétitif et les dérives d'une passion (les films de karaté sont tous nuls, mais après tout, chacun ses goûts)


Les Savy Fav en est un peu là, c’est toujours aussi agréable quand on appuies sur lecture, mais les bases du groupe sont tellement solides qu'enfin, on peut enfin dire qu'ils ne savent plus se renouveler !
La dernière galette admettait un virage plutôt « Disco » pas désagréable, mais Root For Ruin revient aux sources, en étant un peu plus brut, toujours un peu rock’&’roll mais moins qu’avant.
Mais pour une bande de geek boudins, qui a toujours su innover et se réinventer à chaque disques, est ce vraiment grave de pas savoir faire mieux pour une fois?
Parce que le disque est loin d’être mauvais, c’est du Les Savy Fav, et qui meux que Les Savy Fav sait faire du Les Savy Fav ?

Alors comme on garde ses vieux films, on garde ses vieux (meilleurs) groupes.




mercredi 13 octobre 2010

The Walkmen - Lisbon



« Entre les Strokes et The National » (disait le disquaire).
Hum, et c’est censé intéresser quelqu’un ça ? C’est de cette manière qu’on agiche un auditeur ? En citant la sous culture populaire immonde pour abrutis boutonneux qui se gavent de magasines bientôt morts et qui pensent que Iggy Pop, c’est le mec qui fait la pub pour SFR ?
Parce que The National, bon, encore, OUI, mais The Strokes, ça va pas la tête ?

Cette petite colère gratuite passée, penchons sur le cas des New Yorkais.
Ils sont beaux, ils sont cinq, ils font de belles chansons qui restent à l’oreille, et sont méconnus après pourtant cinq (c’est un club ?) albums très qualitatifs.
Alors qu’est ce qui coince ?

A part la mauvaise fois et un peu d’arrogance, pas grand chose au final:
Car même si le style est un peu « easy listening », passe partout, rock FM, les chansons le font et c’est en rond que nous les écoutons.
Et c’est bon de mettre de l’eau dans son vin aussi, d’écouter des choses plus simples, et the Walkmen est fait pour ça.
Car c’est puissant, c’est fort, c’est de la musique de mec qui sait pleurer ça, et en plus, c’est génial !
Ce groupe sait faire des montées surpuissantes jouées avec délicatesse pour bien emporter (les précédents albums ne sont pas moins bon à ce sujet)
On se sent affalé sur le canapé, dans leur garage, à côté de eux jouant sur des amplis à tubes de la génération précédente (parce que côté son, c’est du sacré boulot).
Eddy Mitchel dirait : C’est du vintage ça !


Bla bla bla...




Women – Public Strain



Par pitié, laissez moi porter des bottines, un pantalon de cuir, une chemise avec de longues manches, ho et passez moi cette veste de marin !
Entrons tous dans la machine à remonter le temps, réglage sur 1967 et allons dansons dans les rue Londoniennes en hurlant partout notre liberté !
Et emmenons avec nous le nouveau disque de Women, si précieux, si joyeux, So… 60’s !

Women est un groupe Canadien qui montre une fois de plus la supériorité de ce magnifique pays colonisé il y a bien longtemps par les français, ce qui revient à dire, que la France est bien supérieure sur le plan culturel, et que tout le mérite (Canadien) nous revient.
Les petits surdoués non tatoués de Women on réussis en 2008 à faire ce les américains tatoués faisaient de mieux dans les 90’s :
Un titre parfait (shaking hands), completement envoûtant, dans un album qui ne l‘est pas.

Mais cet affront est à présent oublié avec ce nouveau disque mature qui frôle la perfection, avec des ballades, des tubes rock & roll, des chants de cathédrale (en excès), et un son admirable qui ramène aux heures de gloire des Kinks.

Après tout, Women qui a bien grandi depuis, porte bien son nom, car l’adage ne dit il pas :
« Une femme, c’est comme la neige ou les fruits, c’est meilleur avec un peu d’age »




mercredi 4 août 2010

Arandel - In D


« L'album In D pose les bases d'un dogme autorisant exclusivement l'utilisation d'instrument de musique et proscrivant sampler et autres instruments Midi »
Et mon cul, c’est du poulet ?

Ce qui est très frappant chez Arandel (outre l’aspect marionnettisto-anonyme du personnage) c’est la non-utilisation de machines, plugins et autres bordels numériques.
Alors la grande question est : « put### mais comment c’est possible de faire de l’electro planante aussi subtile et soignée, avec plein de sons et bidouillages tellement bon qu’on se dit que ce sont des samples et tout ça ? », la question reste posée.


Quelle que soit la recette de cuisine, l’album permet de grimper dans les hautes sphères de la plénitude, du bien être, de la profondeur de l’être, de voir les objets bouger sans psychotropes (ou alors c'est l'animation du player), de se laisser aller dans un style que l’auteur lui même avoue ne pas maîtriser…

Alors bien sur il faut en parler pour faire bien, le nom de l’œuvre fait référence à un maître fondateur de la musique minimaliste Terry Riley pour son thème « In C », qui inspira tout le grattin de la musique choucroute : The Soft Machine, Gong, Popol Vuh…

En écoute intégrale ici

Jeter un œil dans le merveilleux label
http://www.infine-music.com/

lundi 2 août 2010

Dark Dark Dark – Bright Bright Bright



Des recherches approfondies ne permettent toujours pas de prouver l’origine canadienne du groupe, la biographie parle des Etats Unis, Minneapolis. Hum, passons.

Mais le style percutant du groupe, les envolées merveilleuses dans des chansons tendres et romantiques, le nombre de membres supérieur à quinze, le chant délicat et noble de la chanteuse (moche), les vêtements (à la con) de type hippie attardé avec petits boléros et lunettes grosse monture sont beaucoup d'éléments de cuisine pour groupe à succès canadien (genre Arcade Fire). Et pourtant….

Et pourtant ces gentils américains qui on piqué les fringues de Arcade Fire jouent avec le temps, les époques, et avec des disques introuvables en France, on se croirait à l’époque pré-internet. Le morceau Make Time démontre par ailleurs l’aisance et le style décomplexé du groupe en proposant une confiture mi figue mi raisin dans lequel Arcade Fire (décidément) prend le petit déjeuner avec Jefferson Airplane en Espagne.

Si tout n’est pas bon, si c’est parfois pompeux, la moitié de l’album reste le compagnon idéal du soir pour s’endormir près du piano, ou du matin pour rester dans le jus, ou pour le chant envoûtant du boudin à manches courtes, ou parce que la suite (prochain album en octobre, risque de vraiment casser la baraque en france.