mercredi 13 octobre 2010

The Walkmen - Lisbon



« Entre les Strokes et The National » (disait le disquaire).
Hum, et c’est censé intéresser quelqu’un ça ? C’est de cette manière qu’on agiche un auditeur ? En citant la sous culture populaire immonde pour abrutis boutonneux qui se gavent de magasines bientôt morts et qui pensent que Iggy Pop, c’est le mec qui fait la pub pour SFR ?
Parce que The National, bon, encore, OUI, mais The Strokes, ça va pas la tête ?

Cette petite colère gratuite passée, penchons sur le cas des New Yorkais.
Ils sont beaux, ils sont cinq, ils font de belles chansons qui restent à l’oreille, et sont méconnus après pourtant cinq (c’est un club ?) albums très qualitatifs.
Alors qu’est ce qui coince ?

A part la mauvaise fois et un peu d’arrogance, pas grand chose au final:
Car même si le style est un peu « easy listening », passe partout, rock FM, les chansons le font et c’est en rond que nous les écoutons.
Et c’est bon de mettre de l’eau dans son vin aussi, d’écouter des choses plus simples, et the Walkmen est fait pour ça.
Car c’est puissant, c’est fort, c’est de la musique de mec qui sait pleurer ça, et en plus, c’est génial !
Ce groupe sait faire des montées surpuissantes jouées avec délicatesse pour bien emporter (les précédents albums ne sont pas moins bon à ce sujet)
On se sent affalé sur le canapé, dans leur garage, à côté de eux jouant sur des amplis à tubes de la génération précédente (parce que côté son, c’est du sacré boulot).
Eddy Mitchel dirait : C’est du vintage ça !


Bla bla bla...




Women – Public Strain



Par pitié, laissez moi porter des bottines, un pantalon de cuir, une chemise avec de longues manches, ho et passez moi cette veste de marin !
Entrons tous dans la machine à remonter le temps, réglage sur 1967 et allons dansons dans les rue Londoniennes en hurlant partout notre liberté !
Et emmenons avec nous le nouveau disque de Women, si précieux, si joyeux, So… 60’s !

Women est un groupe Canadien qui montre une fois de plus la supériorité de ce magnifique pays colonisé il y a bien longtemps par les français, ce qui revient à dire, que la France est bien supérieure sur le plan culturel, et que tout le mérite (Canadien) nous revient.
Les petits surdoués non tatoués de Women on réussis en 2008 à faire ce les américains tatoués faisaient de mieux dans les 90’s :
Un titre parfait (shaking hands), completement envoûtant, dans un album qui ne l‘est pas.

Mais cet affront est à présent oublié avec ce nouveau disque mature qui frôle la perfection, avec des ballades, des tubes rock & roll, des chants de cathédrale (en excès), et un son admirable qui ramène aux heures de gloire des Kinks.

Après tout, Women qui a bien grandi depuis, porte bien son nom, car l’adage ne dit il pas :
« Une femme, c’est comme la neige ou les fruits, c’est meilleur avec un peu d’age »




mercredi 4 août 2010

Arandel - In D


« L'album In D pose les bases d'un dogme autorisant exclusivement l'utilisation d'instrument de musique et proscrivant sampler et autres instruments Midi »
Et mon cul, c’est du poulet ?

Ce qui est très frappant chez Arandel (outre l’aspect marionnettisto-anonyme du personnage) c’est la non-utilisation de machines, plugins et autres bordels numériques.
Alors la grande question est : « put### mais comment c’est possible de faire de l’electro planante aussi subtile et soignée, avec plein de sons et bidouillages tellement bon qu’on se dit que ce sont des samples et tout ça ? », la question reste posée.


Quelle que soit la recette de cuisine, l’album permet de grimper dans les hautes sphères de la plénitude, du bien être, de la profondeur de l’être, de voir les objets bouger sans psychotropes (ou alors c'est l'animation du player), de se laisser aller dans un style que l’auteur lui même avoue ne pas maîtriser…

Alors bien sur il faut en parler pour faire bien, le nom de l’œuvre fait référence à un maître fondateur de la musique minimaliste Terry Riley pour son thème « In C », qui inspira tout le grattin de la musique choucroute : The Soft Machine, Gong, Popol Vuh…

En écoute intégrale ici

Jeter un œil dans le merveilleux label
http://www.infine-music.com/

lundi 2 août 2010

Dark Dark Dark – Bright Bright Bright



Des recherches approfondies ne permettent toujours pas de prouver l’origine canadienne du groupe, la biographie parle des Etats Unis, Minneapolis. Hum, passons.

Mais le style percutant du groupe, les envolées merveilleuses dans des chansons tendres et romantiques, le nombre de membres supérieur à quinze, le chant délicat et noble de la chanteuse (moche), les vêtements (à la con) de type hippie attardé avec petits boléros et lunettes grosse monture sont beaucoup d'éléments de cuisine pour groupe à succès canadien (genre Arcade Fire). Et pourtant….

Et pourtant ces gentils américains qui on piqué les fringues de Arcade Fire jouent avec le temps, les époques, et avec des disques introuvables en France, on se croirait à l’époque pré-internet. Le morceau Make Time démontre par ailleurs l’aisance et le style décomplexé du groupe en proposant une confiture mi figue mi raisin dans lequel Arcade Fire (décidément) prend le petit déjeuner avec Jefferson Airplane en Espagne.

Si tout n’est pas bon, si c’est parfois pompeux, la moitié de l’album reste le compagnon idéal du soir pour s’endormir près du piano, ou du matin pour rester dans le jus, ou pour le chant envoûtant du boudin à manches courtes, ou parce que la suite (prochain album en octobre, risque de vraiment casser la baraque en france.

lundi 21 juin 2010

Jordan Irvin Dally – Despitado


« Ce qui est précieux est rare », voilà certainement le message que souhaite laisser le merveilleux label Camaraderie Limited ; en ne pressant que 100 copies par disques, toutes faites à la main et numérotées. (Et en plus les pochettes sont MA-GNI-FIQUES)

Jordan Irvin Dally c’est un petit peu leur fer de lance, artiste solo américain qui dépose délicatement des textes touchants sur une folk de surdouée, sucré et joyeuse.
Jordan Irvin Dally sait faire des tubes
Jordan Irvin dally n’hésite pas à prendre des risques
Jordan Irvin Dally sait pondre un morceau de 26 minutes, et pas une seule seconde chiante
Jordan Irvin dally sait enregistrer et mixer ses albums tout seul
Jordan Irvin Dally sait tout faire et Jordan Irvin Dally devrait être sacré « Meilleur Artiste Solo Du Moment pour la catégorie folk » (c’est dans quel concours déjà ?)

Ses premières démos étaient des coquillages très rares laissés dans le grand océan d’une culture pas si méconnue que ça, son nouvel album, par sa rareté (sans parlé de la difficulté à le commander) sera le plus beau mammifère marin de cette saison.
Les tubes : de la 1 à la 7 (avec surtout Wild Things, Shanidar, Salt Water, et les quatre autres).


mardi 1 juin 2010

Beak - Beak



Ce qui était sympa avec Portishead, c’est que c’était du « full pompé ». Pas de grande prise de risque puisqu’ils samplaient à l’identique des vieux standards flamenco ou tubes soul, rajoutais une lourde basse sombre (pour sonner trip hop), une touche de scratch par ci par là (ça faisait trip hop), puis il faut bien l’avouer, Beth Gibbons fesait tout le reste.
Et ça fonctionnait à merveille, puisque leurs tubes désignaient la parfaite bande son pour spots publicitaires à produits laitiers.
Alors que penser de Geoff Barrow s’il se lance dans le Kraut ?
Et bien c’est plutôt très bon. A première vue il n’a pas ouvertement pompé ses compositions pour Beak, même si l’âme de NEU ! est très présente.

L’album est très propre, très classe et ne pourrait contenir que deux titres (merveilleux) :
« Backwell », qui jouit d’une longue intro très planante, avec une basse sublime rappelant vraiment NEU !, mais on s’y laisse prendre, et la partie principal (à partir de 3 :31 pour les intimes) est enivrante, ça va chercher ses notes petit à petit, c’est très souple, léger, et hop ça va plus loin, la ligne est longitudinale et prenante.

Et puis le tube « I know », respectant toutes les règles Kraut, chant sous mixé, batterie mathématiquement rapide et claire (et puis linéaire, il faut bien l’avouer) (mais en voulait on à Can quand il le faisaient sur tout un morceau ?) (parce que c’est ça aussi, le Kraut).
Le reste de l’album mérite une seconde chance, à condition de ne pas écouter en boucle les deux merveilles sus décrites tantôt.



dimanche 18 avril 2010

Archie Bronson Outfit – Coconut

Le Kraut-rock, c’est tendance ! Et plus que jamais.

Après l’arnaque médiatique en 2005 finement montée par GOMM (et toute la presse trou du cul pompeuse) qui ne disait rien d’autre que « Nous on est trop kraut, sérieux », il y a enfin des groupes qui en sont, et qui ne le crient pas sur tous les toits.

Archie Bronson Outfit c’est un peu ça.

Et bien que certains morceaux bas de gamme pourraient atterrir dans les I-phone d’incultes aux cotés de MGMT et autres Gnars Barkley (Hoola par exemple), le reste est à s’y méprendre sur la date d’enregistrement.

On nage parfois en plein Amon Duul II (You Have a Right to a Mountain Life / One Up On Yourself) avec un maginifique chant désinvolte et profond.

Avec I Love UFO il y à quelques années, on avait déjà le droit à la formule Kraut + Rock’&’roll enivrant mais avec cet album, ça fonctionne tout aussi bien, « Bite It & Believe It » et « Magnetic Warrior » sont des morceaux dont on ne peut plus se passer après trois écoutes.

Seul le temps nous dira si on s’est fait berner; en attendant, c’est délicieux.

Tenter le coup

samedi 20 février 2010

The Flaming Lips – Embryonic


Ce qui est remarquable chez les Flaming Lips, c’est leur histoire :

Avoir grandi dans une solide culture expérimentale, être connu pour faire des concerts immanquables, avoir été les super copains des plus grands de ce monde pendant les années de gloire américaine, pour finalement rester dans l’ombre !

Avec un succès tout de même relatif, ils n’ont pas non plus été les Pearl Jam ou les Nirvana, ou autre Beck pendant les 90’s ; et en plus, tout n’était pas bon chez les Flaming.

Alors pour se faire pardonner, en 2009, il se sortent les doigts et pondent un album incroyable.

Le terme « Psychédélique » est enfin pleinement justifié, et même si le principe du disque était de mettre de la saturation sur tous les instruments, on se sent bien dedans, prêt à trouver un revendeur d’acide et s’affaler dans un canapé.

C’est rythmé, tendre, soigné, saturé, et y’a même des tubes.


Rendre justice à l’histoire

samedi 13 février 2010

The Dodos – Visiter



Ha c’est frais ! Ha c’est pop ! Ha c’est joyeux et ça tape dans les mains !
Voici un superbe disque (oui mais pas tout) bien Fo-Folk (terme maison qui signifie folk fo-folle) comme il faut.

Les Dodos sont trois jolis jeunes hommes de Californie avec tout ce qui semblerait de détestable en musique : un nom à la con, des gueules de con, une vidéo insupportable qui aimerait bien être sonner indé, mais pourtant, ça prend !

Alors quand on est sur French kiss records (Les Savy Fav), on ne peut qu’avoir la classe.

Une fois passé le goût de « déjà-vu » d’Animal Collective, on prend un malin plaisir à chantonner les tubes : Fools, Joe’s Waltz, mais surtout surtout : The Season, sorte de pièce maîtresse de l’album avec un final digne des plus grands.
(Et en plus c’est sur French kiss)

vendredi 5 février 2010

Domotic & My Jazzy Child - Chansons d'été


On ne va pas s’envoyer une présentation power point ou tenter de retracer un organigramme de toute la nouvelle culture intelligente française (celle qui rôde autour de clapping music ou l’amicale), d’autant plus que cette dernière est à la nouvelle scène française ce que les Monthy Pythons sont à l’humour anglais.

Mais pour faire court, My Jazzy Child et Domotic sont deux lascars échappés tout droit de Centenaire (qui lui-même possède des musiciens qui courent partout), groupe du désormais célèbre et très respectable label Clapping Music.

Les deux dudes sont aussi présents dans nombres de projets délicieux, mais on ne va pas faire les présentations sans cette présentation power point.

La légende veut que ces deux intellos soient partis en vacances dans le sud pour enregistrer des sessions d’improvisations avec tout plein d’instruments très sympa.

Ils enregistrent et rajoutent tout un tas de couches et pistes pour donner naissance à cette petite merveille qui reste très certainement l’album culte de la fin 2009.

C’est très léché, très classe, parfois tendre (Chanson de Fleur), parfois kraut (Chanson de Gecko) mais toujours d’une extrême sensibilité. On dirait du Centenaire, mais en mieux.

On peut se toucher des heures à parler de ce disque (Cf la pléiade de critiques sur le net), le mieux c’est de le télécharger gratuitement sur le fabuleux site de l’amicale (Parce qu'en plus c'est sur le label de l'Amicale Underground, bla bla bla...)


Avoir la tête dans le sud